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samedi 15 février 2014

"Le Penseur" et les horlogers


Rodin et la posture des horlogers


Les objets du quotidien nous accompagnent dans nos attitudes ; Une œillade au dessus de ses lunettes pour séduire, une remontée de manche afin de voir l’heure sur sa montre et montrer que l’on est pressé, sont des gestes et des conduites de la vie courante. La répétition de ces mouvements les fait entrer dans nos habitudes sans que l’on s’en rende compte. Qui n’a pas tapoté inutilement sur l’écran de son ordinateur juste après avoir utilisé sa tablette ? Parfois ces attitudes pratiques rencontrent l’esthétique de l’Art ...



Lire la suite sur le site www.horlogerie-suisse.com

lundi 25 novembre 2013

Luxe et Patrimoine historique


Les marques : patrimoine en danger ?


Le patrimoine est l’héritage commun de nos sociétés transmis aux générations futures. Les marques font partie de cet héritage. Aujourd’hui elles génèrent des recettes extraordinaires en séduisant les populations privilégiées du monde entier. Mais quelle est la motivation de ces acheteurs ? Qu’est-ce qui séduit tant dans ces grands noms du luxe ? Et quel est leur avenir dans un monde où l’expression « rentabilité financière » est presque la seule règle ?

Le luxe et ses marques font partie du patrimoine immatériel, suisse, français, italien, anglais, allemand, russe …  Dans une plus large mesure, ce patrimoine est européen. Paris, Londres, Milan, Genève, Anvers, Saint Petersburg … sont tant de capitales de la mode, de la bijouterie et de l’orfèvrerie qui ont vu naître ou exercer les plus grands, tels que Louis Cartier, Coco Chanel, Guiccio Gucci, Alfred Dunhill, Karl Fabergé, Abraham Louis Breguet, Hans Wilsdorf, Antoine Norbert de Patek et Jean Adrien Philippe et tant d’autres encore.
Depuis l’invention du tourisme, le vieux continent a toujours été une destination aimée par les classes privilégiées du monde entier. En effet l’Europe est la détentrice d’un art de vivre et du bon goût développés par sa vielle aristocratie et les premiers grands bourgeois et consommés aujourd’hui par les élites du monde entier. Force est de constater que c’est une partie d’Europe que l’on achète lorsque l’on jette son dévolu sur un produit de luxe.
(cf : petite histoire du luxe et des marques)

Si le tumulte des temps a permis à ces grands noms du luxe d’exister de nos jours sous la forme de marques, nous sommes en droit de nous demander si ces marques existeront toujours dans le futur et si elles seront toujours les ambassadrices de nos nations européennes ainsi qu’une manne financière importante pour nos économies.
Ces dernières années, le luxe n’a pas échappé aux lois de la mondialisation. Nombre de maisons prestigieuses ont été achetées par les différents acteurs du marché du luxe. Si bien que l’on ne distingue plus que quelques entités sur le marché du haut de gamme dont le groupe français LVMH, le groupe suisso-afrikaner Richemont, et le suisse Swatch group. Le but ultime de ces entités est le monopole du luxe. Dans cette bataille nous distinguons deux écoles de pensée qui s’affrontent. L’une suisse, soutenue par la famille Hayek et par toutes les marques encore familiales et indépendantes telles que Patek Philippe, Audemars Piguet, Hermès et Chanel. Et l’autre française, ou plutôt apparentée au monde le la finance et dirigée par le numéro 1 du luxe dans le monde, Monsieur Bernard Arnault et suivi par d’autre tel que François Pinault du Groupe PPR par exemple.

Le premier courant de pensée, appliqué dans les entreprises familiales et celles des deux premiers groupes, consiste à vendre des produits de luxe très haut de gamme. Par définition ces produits regroupent plusieurs caractéristiques : ils doivent être des produits d’une qualité irréprochable en même temps qu’ils sont des ambassadeurs d’un savoir-faire artisanal et ancestral et enfin ils doivent permettre l’accès à un univers et une histoire authentique. Voilà qui explique la prolifération des musées de marque ainsi que la naissance de la notion de terroir industriel reconnu par l’UNESCO récemment, avec l’inscription des métropoles horlogères du Locle et de la Chaux-de-Fonds au patrimoine mondial.



L'univers des publicités du luxe fait toujours appel à un imaginaire historique européen (actrice française, Paris, tour Eiffel, planeur des frères Wright, touche exotique du colonialiste, intérieur d'hôtel particulier ...)

Le second courant de pensée a pour but de faire des marques, des entités totalement autonomes qui se suffisent à elles-mêmes. Ainsi les musées de ces marques se retrouvent vidés de leur contenu historique, préférant mettre en valeur des œuvres d’art contemporaines. Ce travail permet une association douteuse et combattue dans tous les milieux de l’éducation et de la culture. L'affiliation de l’Art Contemporain et du luxe, accapare cette forme d’Art en laissant penser qu’elle est réservée aux élites. De plus, cette association permet de faire diversion et de déraciner les marques de leur territoire. Qui connaît encore l’histoire du layetier jurassien Louis Vuitton qui faisait ces petits meubles à tiroir pour les horlogers ? Le projet de musée Vuitton, magnifique chef d’œuvre contemporain de l’architecte Frank Gehry, racontera-t-il cette histoire ? L’histoire étant par nécessité attachée à un territoire, lorsqu’elle est absente ou arrangée, permet de placer un musée aussi bien dans le Jura, qu’à Paris ou à Pékin. Et avec lui, les ateliers de productions si cela n’est pas déjà fait ! Dans cette logique il est effrayant de constater que le musée Gucci à Florence, malgré une scénographie remarquable, est totalement vide de sens. Tout juste bon à impressionner les « pin-up » qui ne seront pas effrayées par le mot « museo » car « Gucci » y est accolé. A la boutique, demandez où est la fabrique Gucci et personne ne saura vous répondre. On vous proposera plutôt de venir voir les belles montres à quartz Gucci "fabriquées en Suisse" évidement. On constate que ce courant de pensée consiste à vendre des produits griffés de qualité moyenne en les faisant passer pour des produits de luxe. Le produit n’a plus aucune importance du moment que le nom y est.
Très dangereuse pour l’industrie européenne du luxe, affranchie de son histoire, cette école de pensée permet aux marques de se délocaliser n’importe où dans le monde et bien sûr en priorité là où les bénéfices et la rentabilité seront maximums.
Chacun des secteurs du luxe applique l’une ou l’autre de ces écoles de pensée si bien que la maroquinerie et la mode tendent à suivre la logique uniquement financière alors que l’horlogerie et la bijouterie restent porteuses d’authenticité et de savoir-faire ancestraux.

Bien que quelques maisons encore indépendantes montrent clairement leur volonté de le rester et se portent garantes de l’authenticité des savoir-faire et des produits véritablement haut de gamme, la logique du premier groupe mondial de luxe est inquiétante pour tout un secteur et toute une économie. Swatch group faisant encore la loi en horlogerie, suivi de prêt par Richemont, l’horlogerie suisse n’a pas de souci immédiat à se faire. Mais qu’en sera-t-il lorsque les derniers remparts des indépendants auront cédé ? Le secteur du luxe horloger se porte merveilleusement bien ces derniers temps. Mais ne serait-ce pas le calme avant la tempête ? A nous d’en avoir conscience, de préparer le futur en conséquence et de nous battre pour notre patrimoine, notre histoire et nos marques.

Petite histoire du luxe et naissance des marques :

Le luxe est au centre des débats sociaux depuis le XVIème siècle. Il est entre autre, une des origines de la Réforme religieuse. Le débat se poursuivra pendant toute l’époque moderne. Rousseau et Voltaire s’opposaient ainsi largement sur le sujet. Alors que pour le genevois le luxe est un obstacle à la vertu humaine, le parisien le voit comme un moteur pour l’économie et l’innovation. Dans cette fin de XVIIIème siècle, le luxe n’est ni plus ni moins une affaire d’artisans d’art au service de l’aristocratie et des quelques familles régentes d’Europe. Au XIXème siècle le Révolution Industrielle permet le développement d’une nouvelle élite sociale, la bourgeoisie. Pour satisfaire une demande plus forte, les artisans d’art vont s’organiser en « maison ». Enfin les noms des artisans morts depuis plusieurs générations, deviennent des marques dans la première moitié du XXème siècle, poussées par la frénésie des consommateurs de masse suite aux privations des guerres mondiales et accrues par le développement de l’automobile. Ces marques sont toujours détenues par les héritiers du nom pour la plupart. Ainsi la naissance des marques est relativement tardive et est un fait totalement nouveau dans l’histoire beaucoup plus ancienne du luxe. Enfin les bouleversements économiques de la fin du XXème siècle, font place à un phénomène nouveau avec l’apparition des groupes dans le monde du luxe. En quelques années, les groupes vont déposséder les familles de leur patrimoine et introduire une notion de profit pour les actionnaires et de rentabilité financière accrue au sein des marques.

Article publié dans le Journal Suisse d'Horlogerie n°136, septembre 2012 (édition spéciale salon EPHJ-EPMT-SMT)




jeudi 10 décembre 2009

Exposition du MEG : la Musique dans le temps

L’air du temps

Ce serait Boris Vian qui aurait inventé « le tube » dans les années 50 ; une chanson vide de sens qui ressemble à toutes les autres mais qui cependant nous hante jusqu’à devenir la bande-son de notre vie, commémorant un moment passé, un vécu.
Entre ces airs contemporains et la musique traditionnelle, il y a tout un monde. L’exposition du Musée d’Ethnographie de Genève « L’air du temps », propose quelques pistes de réflexion insolites concernant cet univers. La musique apparaît ainsi à la fois comme l’image de la société et le produit de la culture.

Les travaux de recherche de l’ancien conservateur ethnomusicologue du MEG, Constantin Brailoiu, servent de pivot à l’exposition. Les archives sonores qu’il a récoltées tout au long de sa vie, sont venues alimenter le fond d’Archives Internationales de Musique Populaire (AIMP). Remises en état dans les années 80, ces archives sonores sont disponibles sur informatique dans l’exposition mais également chez soi par le biais d’internet. Ces prises de son permettent de découvrir les musiques traditionnelles de tous les pays du monde, du célèbre cor des alpes suisse en passant par la vièle tzigane et les tablas d’Inde.
En plus de cela « L’air du temps » évoque les défis que soulèvent la constitution, la conservation et la valorisation d’archives musicales. Elle aborde également de manière plus large, les grandes questions de l’identité et de la mémoire à l’ère de la mondialisation.

Témoignage de la diversité culturelle, l’exposition révèle le rapport intime et universel que la musique entretient avec les émotions. Le visiteur est invité à s’immerger dans un univers sonore soumis aux influences les plus diverses. Le monde change et à son image, les musiques se transforment, s’adaptent aux circonstances pour répondre à nos besoins et à nos attentes. Où se situe alors l’authenticité d’une musique ? Dans son respect des formes anciennes ? Dans ses pouvoirs et les effets qu’elle produit sur ses auditeurs ? Ou simplement dans les intentions de ses interprètes ? Quoiqu’il en soit, la musique reste l’un des faits humains les plus universels.

En allant au MEG avant la fin de l’année, la scénographie remarquable de l’exposition « L’air du temps » vous apportera sans aucun doute des réponses à vos questions concernant la musique. Et sur le chemin, n’hésitez pas à faire un détour par les masques africains de l’exposition voisine.

Accès aux archives sonores du fonds Brailoiu : http://www.ville-ge.ch/meg/musinfo_ph.php

Mies Van Der Rohe et l'Architecture Moderne


L’Architecture Moderne : réponse à la surpopulation de la planète et coupable des cités HLM.

Au début du XX ème siècle un nouveau courrant artistique voit le jour ; le Modernisme a laissé beaucoup de traces dans l’architecture de l’époque et aussi actuelle. A l’époque il s’agissait d’une réflexion et d’une recherche d’avant garde menée par certains hommes pour résoudre les problèmes de la société future. De ces hommes, les architectes ont eu une grande importance et ont apporté des réponses aux problèmes d’urbanisme lié à l’accroissement de la population. Parmi ces hommes, l’un d’entre eux se nommait Mies Van Der Rohe.
Selon cet allemand qui représentera l’une des figures de proue de l’Avant-Garde berlinoise et européenne, il ne fallait pas que l’architecture moderne se borne à utiliser des matériaux et des techniques de son temps. Sa mission était d’envisager une architecture correspondant aux nouveaux matériaux mais aussi aux besoins des hommes.

En 1927, l’architecte met en place ses préceptes. Imaginez-vous une ville expérimentale, entièrement construite par des architectes de la mouvance moderne et minutieusement choisis par Mies en personne. Une cité construite dans le but de faire accepter les idées de l’Architecture Moderne, d’expérimenter les nouveaux matériaux, au service de ses habitants hypothétiques. Ce quartier fut bel et bien construit lors d’une exposition architecturale dont Mies avait la responsabilité à Stuttgart.
La cité du Weißenhof fut pensée dès 1925 par le Deutscher Werkbund. Mies est alors le vice-président de cette association d'artistes pour la promotion de l'innovation dans les arts appliqués et l'architecture. Il reçoit la direction artistique de l’exposition. Intitulée « le logement », celle-ci rassembla plusieurs représentants de la Nouvelle Architecture de différents pays. Parmi eux, Gropius, Behrens et Le Corbusier étaient présent et chacun des participants avait la responsabilité de construire un édifice.

Au sommet de la colline qui accueillait l’exposition, Mies fit construire un immeuble d’habitation long et étroit, qui se distinguait par une construction à ossature d’acier. Ce système constructif, dissociant les parois intérieures de la structure porteuse, devait permettre d’utiliser des cloisons mobiles et donc de faire varier le plan des appartements. Les murs extérieurs étaient construits en blocs de béton. En marge de l’exposition, Mies exposa également son « Espace de verre » qui reprend les principes de son immeuble d’habitation mais avec des parois en verre. On retrouve le mélange de ces deux techniques dans ses réalisations américaines comme le Seagram Building à New York.

L’aspect novateur de cette exposition va se heurter à l’opposition conservatrice de la ville de Stuttgart. La cité, avec ses formes géométriques, dénuées de tout ornement, ses toitures plates et ses murs blancs, suscitera de vives réactions se voyant qualifier de « ville arabe » ou encore de « caserne bolchevique ». Pour les architectes locaux, le pouvoir croissant des modernistes au sein du Werkbund constituait une menace pour la culture et la tradition allemande. Cependant, le radicalisme culturel berlinois avait fait son entrée dans le milieu conservateur de la ville de Stuttgart, et l’exposition eut un succès retentissant. Elle contribua fortement à la percée de Mies qui apparu sur la scène internationale comme l’un des pionniers et théoriciens de l’architecture d’avant-garde.
Aujourd’hui les traces de l’avant-gardiste Mies Van Der Rohe se retrouvent dans les gratte-ciel de verre à ossature d’acier, mais aussi dans les barres d’immeubles HLM appelées péjorativement « cage à lapin ». Cette déviance du modernisme peut être vue comme un échec des préceptes de Mies et du mouvement qu’il représentait. Ce courrant qui avait pour but d’apporter des solutions aux problèmes d’urbanisme en améliorant les conditions de vie de la population, a trouvé en partie des réponses, mais sa réussite reste incomplète. On peut voir dans cet échec, le besoin de la population actuel à accéder à la propriété et au logement individuel avec son espace de vie intérieur, mais aussi son espace extérieur, avec sa terrasse et son lopin de terre pour y faire son jardin ou y mettre sa piscine. Ainsi avec les gratte-ciel, la question de la verticalité semble avoir été résolue, reste à résoudre le problème du refus de l’habitat collectif, trop souvent synonyme de mauvaises conditions de vie.

jeudi 26 novembre 2009

Concours de chronomètrie 2009

Le renouveau des concours de chronométrie.

C’est une poignée de passionnés avec la complicité de Cécile Aguillaume, conservatrice du Musée d’horlogerie du Locle, qui a eu l’idée de faire renaitre les prestigieux concours de chronométrie. L’idée, qui semblait utopique au départ, à fait son chemin auprès des professionnels de la branche et va finalement se concrétiser à l’occasion du cinquantenaire du musée des Monts au Locle.
« Cet évènement sera le premier concours international de chronométrie du XXIème siècle » annonce fièrement Mme Aguillaume. En effet, les deux derniers concours restés dans les annales, remontent à 1923 pour le centenaire de la mort d’Abraham Louis Breguet et à 1948 pour celui du canton de Neuchâtel. Ces grands concours internationaux avaient lieu à l’observatoire de Neuchâtel qui avait acquis une grande notoriété dans le monde de la chronométrie, devant ceux de Greenwich en Angleterre, Besançon en France et Genève. Ces institutions scientifiques avaient le pouvoir de certifier la précision des montres en leur attribuant le « label » de chronomètre.
Avec l’arrivée du quartz et la crise qui s’en suivit, beaucoup de ces institutions ont disparu, l’observatoire de Neuchâtel en tête. Mais la montre mécanique ayant trouvé un nouvel essor, pourquoi ne pas relancer les concours ?
Mme Aguillaume est parfaitement consciente que les attentes des horlogers vis-à-vis de ces compétitions ne sont plus les même qu’au XIXème et XXème siècle et pour cette raison elle nous confie que les montres sélectionnées pour le concours doivent être représentatives de la production horlogère actuelle. Ainsi seules les montres bracelets complètes sont acceptées, mettant au rang des vieilleries les montres de poche. Les montres à quartz étant bien évidement pas représentées, les régleurs qui étaient des acteurs majeurs des compétitions de l’époque, auront toujours leur rôle à jouer dans la compétition actuelle, affirme Cécile Aguillaume. Les participants seront les marques et les écoles d’horlogerie ainsi que de simples particuliers, à condition de régler soi-même sa montre.
Pour ce qui est du règlement, la conservatrice nous avoue l’avoir adapté aux normes actuelles tout en essayant de respecter le plus possible l’esprit des règlements d’antan. Ainsi toutes les montres seront jugées selon les critères de la norme ISO 3159, qui est la référence actuelle en matière de contrôle des montres. Mais elles subiront également des épreuves mécaniques. Pour la première de ces épreuves, la montre sera soumise à des champs magnétiques définis selon la norme ISO 764, quant à la seconde, elle à pour but de simuler le porter de l’objet dans des gestes de la vie quotidienne tel que les applaudissements soutenus par exemple.
Si toutes les montres en compétitions doivent être déposées au Musée des Monts au Locle, les contrôles auront lieux dans différentes institutions scientifiques neutres telles que le Bureau du Contrôle Officiel Suisse des Chronomètres au Locle (COSC), l’observatoire des sciences de l’Univers de Besançon et l’institut d’Horlogerie et Création de la Haute Ecole Arc Ingénierie du Locle pour les tests de magnétisme et de microchocs. Ces épreuves auront lieu sur une période de 3 à 4 mois, à la fin de laquelle les montres auront obtenu des notes par catégories, puis une note globale.
Le jury sera pluridisciplinaire et présidé par Michel Mayor, astrophysicien à l’Observatoire de Genève. Un comité d’honneur destiné à soutenir l’organisation et le rayonnement du concours sera présidé par l’astronaute Claude Nicollier.
Les inscriptions pour le concours s’achèveront le 5 septembre et la listes des participants sera rendu publique le 17 septembre 2008 à l’occasion de la journée d’études de la Société Suisse de Chronométrie. Ensuite, les pièces devront être déposées au Musée des Monts pour le moi de mai 2009, avant de commencer les séries de test. Les résultats seront enfin proclamés au début de l’année 2010.

Historique sur les Observatoires

Ces institutions scientifiques ont commencé à voir le jour au XVIIème siècle, lorsque les marines d’Etat telle que celle de la France et de l’Angleterre utilisaient des chronomètres de marine pour calculer la longitude afin de connaître sa position en pleine mer. Les erreurs de calcul et les imprécisions pouvant causer des torts aux navigateurs, des observatoires nationaux ont été créés afin de mesurer la précision des chronomètres de marine. Les Etats proposaient des récompenses astronomiques aux horlogers qui arriveraient à fabriquer le chronomètre le plus précis, mettant au concours tous les grands horlogers de l’époque. C’est ainsi que l’observatoire de Greenwich et de Paris ont vu le jour en 1675 et 1667. Genève dont l’activité horlogère était déjà importante, construisit le sien en 1772 . Tous ces observatoires avaient pour but essentiel de mesurer la précision des chronomètres de marine.
Observatoires de Neuchatel et Grennwich

Suivant le sillage de ces chronomètres, l’horlogerie traditionnelle se lance également à la recherche de la perfection. La précision des montres devient vite le fond de commerce des horlogers qui certifient eux-mêmes leur montre de chronomètre. Mais pour plus de crédibilité, la nécessité d’avoir des institutions scientifiques neutres qui certifient les montres se ressent de plus en plus. C’est ainsi que l’observatoire de Genève s’oriente sur le contrôle des montres dans les années 1840-1850, tout comme Paris et Greenwich. Les montres qui passent les tests reçoivent le « label de Chronomètre » et la précision devient le pilier de la publicité horlogère. Le contrôle des montres étant une activité de plus en plus importante, Neuchâtel met en place son observatoire en 1860. En France, la création d’observatoire et lancé par décret en 1878 et c’est ainsi que celui de Besançon commence son activité de contrôle en 1885. Chaque observatoire dispose de son propre règlement, mais dans l’ensemble on constate une certaine homogénéité. Régulièrement des concours internationaux et nationaux sont organisés. Cela permet la confrontation des différentes marques de l’industrie horlogère. Ces concours font également la part belle aux régleurs qui bichonnaient les montres de concours pendant plusieurs mois avant de les présenter. L’arrivée du Quartz mettant fin à l’hégémonie de la précision des montres mécaniques, les observatoires perdent de leurs importances et certains disparaissent, tout comme les concours de chronométrie.


Article publié en septembre 2008 dans l'édition spéciale du Journal Suisse d'Horlogerie

(cliquer pour agrandir)


vendredi 2 octobre 2009

Aston Martin DB5


DB5 : pas seulement voiture de James Bond !

Le week-end dernier, lors du Salon Geneva Classics, Aston Martin célébrait les 50 ans de sa victoire aux 24 heures du Mans avec une magnifique exposition. De l’ancienne DB2 à la moderne DBS, dont l’ouverture est commandée par une montre, tous les modèles étaient représentés en passant bien évidemment par la victorieuse du Mans, l’Aston Martin DBR1. Cependant, celle qui retiendra mon attention par sa sobriété et son élégance restera la DB5.


Produite à partir de 1963, cette propulsion deviendra mythique grâce au plus célèbre des agents de sa majesté. Même si l’on sait que Ian Fleming avait doté l’agent secret d’une Bentley dans ses livres, les adaptations cinématographiques de ses aventures ont adopté les Aston Martin dont l’esprit colle si bien au flegme britannique du personnage de James Bond.
C’est lors du troisième film, « Goldfinger » en 1964 que la DB5 fait son apparition pour la première fois. A partir de cette date elle sera considérée comme étant la voiture personnelle de l’agent secret et on la verra réapparaître à plusieurs reprises dans des films plus récents comme en 1995 dans «GoldenEye » où BMW avait ravi momentanément la place des Aston.

Mais cette voiture n’est pas exceptionnelle grâce au simple fait d’apparitions cinématographiques. Sa vitesse maximale de 240 km/h n’est pas négligeable pour l’époque. Son design galbé et séducteur en fait un véhicule de collection très rare et très recherché, d’autant plus que seulement 1021 unités sont produites de 1963 à 1965.

Paradoxalement c’est le premier modèle de la marque qui va permettre à son propriétaire, David Brown, d’opérer un tournant dans l’histoire d’Aston Martin. En effet c’est à partir de ce modèle que la marque va se « démocratiser » en se faisant remarquer par sa grande fiabilité sur les circuits de compétition. Ainsi en 1959 Aston Martin est victorieuse des 24 heures du Mans et remporte également le titre de champion du monde des constructeurs automobiles. Cette notoriété va permettre à la firme anglaise de se développer et de produire ses bolides en plus grande quantité.

Par conséquent la DB5 en plus d’être une voiture rare et mythique, représente une étape charnière pour Aston Martin qui passe de constructeur artisanal très « sélect » à une marque de luxe automobile qui a su se maintenir jusqu’à nos jours.

mercredi 30 septembre 2009

Oméga et le CIO



Omega, chronométreur olympique officiel depuis 1932




Après 75 ans de collaboration, Oméga, chronométreur olympique officiel et le Comité International Olympique, réitèrent. Pour l’occasion, Nicolas Hayek remet au président du CIO, une pièce d’exception et répond à quelques questions.



Encore une fois, le pape de l’horlogerie a claqué des doigts et une poignée de journalistes du monde entier s’est déplacée à sa conférence de presse. Hayek père et fils sont présent à la tribune, accompagnés de Stephen Urquhart, président d’Oméga, pour représenter les horlogers. Avec eux, Jacques Rogge, président du CIO, accueille tout ce petit monde à domicile dans les locaux du Musée Olympique de Lausanne.
Pas question de parler de la crise. Le grand Hayek est là pour recadrer les questions des journalistes à la dérive. « Aujourd’hui nous parlons sport, émotion et art horloger. » Tous ces hommes réunis ici sont bel et bien là pour aller de l’avant. En ce jour, on célèbre la poursuite de la collaboration entre Oméga et la plus grande institution sportive du monde.
Cela ne va pas sans rappeler que la marque a été la première à se voir confier le chronométrage des JO. C’était en 1932 à Los Angeles et depuis, excepté à deux reprises, les chronométreurs d’Oméga n’ont cessé d’exercer leur rôle de précision, jusqu’à l’année dernière. Bien sur les temps changent et les techniques évoluent. En 1932, seuls trente chronographes ont été nécessaires pour le chronométrage de l’ensemble de la compétition.

Chronomètres utilisés à Los Angeles en 1932


A Pekin, 420 tonnes de matériel ont donné du « fils à retordre » à plus de 450 professionnels du chronométrage et du traitement de données. Un très beau livre « Great Olympic Moments in Time », publié pour l’occasion, retrace cette évolution en reprenant l’histoire des Jeux vue sous l’œil du chronométreur. Et l’histoire continue ; fort de son expérience et de son passé, Oméga se voit prolongé jusqu’en 2020 dans sa fonction de chronométreur olympique officiel. Pour sceller cette poursuite de collaboration, J. Rogge s’est vu remettre l’un des quatre chronographes originaux utilisés à Los Angeles et conservés jusqu’à lors au Musée Oméga à Bienne. Désormais cette pièce de collection sera visible au Musée Olympique.
Stephen Urquhart n’a pas manqué de rappeler qu’Oméga était fière de poursuivre cette longue association. « Depuis 1932, les JO ont fourni à la marque une tribune unique pour transmettre son message de précision , de qualité et d’innovation dans un environnement aussi propice que prestigieux. » J. Rogge de lui répondre en français que ce présent permettra de « remettre les pendules à l’heure » au sein du CIO. Ainsi, après plus de 75 ans de bons et loyaux services, le 12 février prochain Oméga officiera pour la 24ème fois aux JO de Vancouver, dont le compte à rebours est lancé et précieusement gardé par … la dernière lettre de l’alphabet grec.



Article publié dans Heure Suisse n°103 :

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vendredi 28 août 2009

Les Montres Century


Le Kitsch chic de Century

Spécialiste des boîtes de montre 100% saphir, la marque Century installée à Bienne propose une gamme de produits ainsi qu’une démarche de fabrication originale. Production élitiste, la marque peine cependant à trouver sa place dans le luxe horloger. Quelles sont les raisons de cette injustice ?



Depuis le siècle des Lumières, l’homme s’attache à classifier tous ce qui lui tombe sous la main. Il en va de même pour le monde du luxe, découpé en plusieurs branches. Depuis 1966, à cheval entre la Joaillerie et l’Horlogerie, Century fait partie des rares inclassables. Situation flatteuse en apparence dans un monde en quête d’exclusivité. Cependant il est difficile de se hisser parmi le cartel des grands, quand on ne respecte pas les cannons académiques de l’art.
Pourtant Chopard et d’autres marques comme Cartier se sont naturellement installées aux cotés de grands noms de l’horlogerie, alors pourquoi cet accès serait-il refusé à Century ? Serait-il possible que la marque ne soit pas assez exclusive ? La raison est ailleurs.




En apparence, Century fait sensiblement comme les autres. Proposant des montres féminines, elle dispose également de parures complètes et de quelques montres pour homme. Mais contrairement à tous les horlogers très attachés à la mécanique de leur montre, Century donne la priorité à l’enveloppe. La démarche est plutôt intéressante : Century sculpte ses boîtiers atypiques dans le « Mégalithe », saphir naturel reconstitué dont elle a l’exclusivité. Le secret technique réside dans la soudure des deux parties en saphir de la boite qui englobe le mouvement de la montre. Ce procédé offre une complication inimitable qui donne à chaque montre Century son caractère d’exception.


Mais l’originalité de la démarche n’est pas la seule responsable des problèmes de communication de la marque. En effet, le rendu photographique d’une montre Century est systématiquement biaisé. Le meilleur des photographes ne peut rien face à la brillance des centaines de facettes du saphir, savamment taillées et polies. Alors que ce travail donne des pièces d’une beauté éblouissante, les visuels restent fades et font perdre au saphir tout son relief. Il faut le voir pour le croire.
Les détracteurs de Century pourront encore dire que la brillance reste toutefois une des caractéristiques de la mouvance Bling-bling. Cela empêcherait Century d’accéder au titre de marque élitiste et de bon goût. Comme tout le monde le sait, les bijoux qui brillent sont en vogue et se vendent de mieux en mieux au point de remettre en cause les canons du « bon goût ». De plus il serait mal placé d’exclure Century pour sa tendance au Kitsch lorsque l’on sait que bon nombre d’horlogers vendent quantité de montres en or « endiamanté ».


Quoiqu’il en soit, le glamour développé par Century s’abstient de toute vulgarité. Son procédé innovant est synonyme d’exclusivité et la perfection du taillage des saphirs donne une dimension raffinée à un style considéré comme grossier. Century s’attache à développer un monde à la Martina Topley Bird, artiste dont l’univers est qualifié de « Kitsch chic ». Vu sous cet angle le Bling-bling apparaît tout en délicatesse et en raffinement.




Century ne cherche pas à faire des objets tape à l’œil mais les propriétés du saphir imposent la constante de la brillance. La marque offre certes de l’éclat, mais aussi une technicité au service d’un monde exclusif et glamour rempli de couleurs et de délicatesse.

Clip de Martina Topley Bird « Carnies » http://www.youtube.com/watch?v=uuBRyS43_rE

jeudi 30 avril 2009

Meeting Aérien Savoie Technolac

Meeting Aérien

Ce n’est pas souvent que l’on a l’occasion de voir des évènements de ce genre dans la région. Mais pour fêter ses 20 ans, l’ancien site militaire de Savoie Technolac, nous a offert un très beau spectacle. Moins spectaculaire que peuvent l’être certains meetings qui présentent essentiellement des avions de chasse utilisés par l’armée (comme Air 04 à Payerne), ce meeting du Bourget fût très artistique et tout en finesse !


De Vinci avait déjà imaginé ces machines volantes, mais aurait-il pensé un jour qu’elles puissent voler et réaliser des chorégraphies ? Et pourtant, ces hélicoptères ont réalisé une remarquable danse, digne des plus grands spectacles de natation synchronisée.

La Breitling Jet Team, basé à Dijon est la seule patrouille civile, d’avion à réaction. Toutes les autres sont militaires. Sponsorisé par la célèbre marque de Montre suisse Breitling qui tiens à rappeler le lien étroit entre la marque et l’aéronautique, les pilotes sont principalement recrutés parmi les anciens pilotes de chasse de l’armée de l’air française. Pendant leur spectacle, la vitesse des avions varient de 700 km/h en début de figure à moins de 100 km/h au sommet. Les pilotes subissent des accélérations de -4G à +8 G. Le leader de cette patrouille est l’inventeur d’une figure remarquable tant d’un point de vue artistique que technique : Apache Roll. (Pour avoir un aperçu des figures regarder le film en lien http://fr.youtube.com/watch?v=dN9s84VW2xE )


Il reste 5 Super Constellation en état de vol au monde. Le Breitling Super Connie a fait son premier vol en novembre 1956 sous les couleurs de l’US Air Force. Au terme de son engagement militaire, il a trouvé diverses utilisations civiles, notamment l’épandage de produits pour traiter les forêts. Suivent de longues phases où il attendait son triste sort, c’est à dire la démolition, dans le coin d’un hangar. En 1991, un groupe de volontaires enthousiastes s’est fixé la mission de refaire voler le N73544. Après de nombreuses tribulations américaines, notre Connie a fini par trouver un acquéreur, sous le mécénat de Breitling, pour faire voler le seul exemplaire de Super Constellation stationnée en Europe. Le Super Constellation, mis au point par Howard Hughes dans les années 40, resta pendant très longtemps le plus grand avion de ligne. De ce fait il a transporté tous les grands de ce monde. C'est un avion de ce genre qu’utilisa Edith Piaf et Marcel Cerdan pour se rendre de Paris à New York. Le Super Connie est toujours considéré, comme l’un des avions les plus élégants jamais construit. Nous avons eu énormément de chance de le voir au Bourget, car il semble que ce soit l’une de ses dernières apparitions publiques.


Pour conclure ce spectacle, la patrouille de France est venue nous faire son show. Patrouille d'entraînement pour les pilotes de l'armée de l'air française, les huit avions qui composent cette armada, sont des Albatros L 39, tout comme ceux de la Breitling Jet team. Le spectacle s'est achevé par un magnifique cœur bleu blanc rouge dessiné dans les airs ! Un peu nationaliste, mais joli tout de même !

(archives du 15.08.2007)

mercredi 22 avril 2009

Innauguration de la Heritage Gallery

Le musée de la prestigieuse marque de montre Jaeger LeCoultre a été inauguré en grande pompe le 4 octobre 2007 au soir. Pour l’événement, la paisible Vallée de Joux, aurait pu servir de décor au prochain James Bond. Devant l’ancienne Manufacture d’Antoine LeCoultre, un ballet incessant d’Aston Martin et de Limousines ne cessent de déverser le flot d’invités venus à la soirée, tous revêtu de leur plus beaux costumes. Parmi les personnalités, un ancien président de la Confédération, Carole Bouquet (ancienne James Bond Girl) et le clan Jaeger LeCoultre ont assisté au repas d’inauguration en écoutant le récital de la talentueuse chanteuse et actrice franco-germano-américaine Ute Lemper.
(archives du 8/10/07)

mardi 24 mars 2009

Crashed Ice Lausanne, un nouveau sport est né !

Ice Cross Downhill le patinage de descente extrême


Ce soir là, malgré la foule qui s’amasse sur la place de la Riponne, il faut être aveugle pour ne pas remarquer le grand serpent de glace qui s’étale le long de l’avenue de l’Université, entre le Château St Maire et le Palais Rumine. En le longeant et en écoutant un peu les conversations des passants, il s’agit d’un sport. Mais quel sport ? Je n’en avais encore jamais vu de la sorte ! Apparemment je ne suis pas le seul, car les gens parlent entre eux et s’échangent le peu d’informations qu’ils ont concernant les règles de ce sport étrange. Tout le monde trépigne d’impatience à l’idée de découvrir cette nouveauté en ayant l’impression d’assister à un événement historique.

Un décor de jeux vidéo :
Voici le décor irréel que l’on pouvait observer les soirs des 13 et 14 mars 2009 au plein cœur de la ville de Lausanne. Des lumières aux couleurs chamarrées éclairent deux monuments majeurs de la cité vaudoise, de la musique de club sort d’énormes enceintes disposées un peu partout entre les deux édifices et la foule sur la place de la Riponne indique un événement imminent.
Sur la place, un écran géant a été installé pour l’occasion. Un autre se trouve 400 mètres plus haut, sur le parking du château, qui a été réquisitionné pour l’occasion. Les voitures du sponsor fondateur de l’événement, ne manquent pas de se faire remarquer en donnant une image plus que dynamique à la manifestation. Il y a même une dimension d’ « extrême » dans tous ces préparatifs. Mais que se passe-t-il exactement ?

Un long serpent de glace :
La piste est éclairée de milles feux. L’arrivée est signalée par une arche gonflable sur la place de la Riponne, alors que le départ se trouve plus haut, aux pieds du siège du gouvernement cantonal. Entre les deux, la piste longue de 400 mètres, large d’environ 3 mètres, est en pente plus ou moins forte selon les passages, et constituée d’une épaisseur de 15 à 20 cm de glace.
Construite sur des échafaudages, elle est parsemée d’embûches, allant du tremplin, aux contours sérés en passant par les coussins de mousse qui dépassent des parois de protection pour faire obstacle aux participants. D’ailleurs qui sont-ils ces participants ?

Les hockeyeurs de l’extrême :
Ce sont les meilleurs représentants de ce sport. Des hockeyeurs tout en protection qui ont été sélectionnés dans toutes les patinoires de suisse après des tests plus ou moins rigoureux de rapidité et d’agilité sur glace. Pour la plupart, c’est la première fois qu’ils vont descendre sur une telle piste, tant ce sport est nouveau. Ils vont devoir faire preuve d'habileté, d'agilité, de courage et de sang-froid. Les concurrents sont des suisses et des français mais aussi bon nombre de scandinaves et d’autres nationalités représentées. Les meilleurs de la discipline sont sans conteste, les Finlandais, mais les Canadiens ne sont pas loin derrière.

Règles et Enjeux :
Ils sont une centaine à s’affronter pour remporter les 11 000 dollars de gains mis en jeu par le sponsor. La manière de procéder est simple. Le premier soir est réservé aux qualifications. Les candidats, après avoir fait deux descentes de repérage, vont dévaler la piste le plus vite possible, chacun leur tour, afin de décrocher le meilleur temps pour être qualifiés. Dans cette première phase, plus de 40 candidats vont déjà être éliminés. Les plus rapide mettent entre 30 et 40 seconde pour dévaler les 400 mètres avec des pointes approchant les 50 km/h.
Les spectateurs sont un peu déçus de voir les patineurs s’élancer un à un sur la piste, alors que nombre d’entre eux s’attendaient à voir une course acharnée entre les candidats, comme le montrait les écrans géants. Ce n’est que partie remise. L’épreuve aura lieu le lendemain.
Pour la course les règles sont simples. Les candidats partent par quatre, comme dans un départ de border cross. Le premier en bas des 400 mètres de piste a gagné. Comme dans les border cross, les coups d’épaule et autres chamailleries de ce genre sont permis, ce qui rend ce sport très spectaculaire. Il n’est pas rare de voir passer un concurrent devant soi dans des positions pour le moins inconfortable. Une sorte de jeux du cirque des pays nordiques en plus contemporain.

D’où vient ce sport ?
Il ne fait nul doute que c’est un sport nordique. Si la discipline semble être née en Suède au tout début des années 2000, la ville de Québec est devenue le lieu de rendez-vous habituel de l’événement depuis 2006. Au Canada la course se déroule dans le Vieux Québec. L’architecture ancienne et la topographie du site, rappellent étrangement celles de Lausanne.
Le sponsor Red Bull semble également avoir joué un grand rôle dans la création de cette discipline. C’est à lui que l’on attribue la création de ces événements.
Si Stockholm est la première ville à voir le Crashed Ice, d’autres lui ont emboîté le pas les années suivantes telle que Klagenfurt en Autriche, Duluth aux Etats-Unis qui accueille la compétition deux années de suite, Moscou, Prague, Helsinki en enfin Québec.
Le "Ice Cross Downhill" fait son entrée en Suisse pour la première fois en 2008 à Davos.

Lausanne et l’enjeu Olympique ?
En 2009, il semblerait qu’il y ait eu deux courses de ce genre. La première au début de l’année à Québec où pour la première fois il y a eu une catégorie féminine, le second à Lausanne, ville olympique. Faut-il y voir ici une quelconque revendication pour voir un jour ce sport parmi les disciplines olympique ? On ne le sait pas encore mais on est en droit de le penser. Rappelez vous le border cross !

Quoiqu’il en soit, à l’heure actuelle ce sport urbain s’accompli avant tout pour le spectacle, plus que pour la compétition. Et il en est peut être pas plus mal ainsi, quand on voit les dérives de certains sports.


Liens :
Site officiel du Crashed Ice http://www.redbullcrashedice.ca/home
Vidéo Crashed Ice Davos http://www.youtube.com/watch?v=ob5_qdCKe7I
Vidéo Crashed Ice Lausanne http://www.youtube.com/watch?v=2dvOHaciEnU